Latin
Lines 1.123-1.127
Greek and Roman Historians, French 1.123-127
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39 Mais quand Pompée eut reçu mission de combattre les pirates et Mithridate, le pouvoir populaire alla en décroissant et l'influence de l'oligarchie devint plus grande. Celle-ci était en possession des magistratures, du gouvernement des provinces et de tout le reste; ceux qui en faisaient partie n'avaient rien à craindre, étaient heureux; ils vivaient sans crainte, tenaient leurs adversaires sous la terreur des jugements, pour les obliger à traiter plus doucement le peuple dans l'exercice de leur magistrature. Mais dès que l'incertitude générale eut offert aux chefs de la plèbe un espoir de changement, le souvenir des vieilles rivalités leur rendit leur ardeur. Si, à la première rencontre, Catilina avait été vainqueur, ou même que le combat eût été incertain, certainement, c'eût été pour la république une calamité et un désastre; mais les vainqueurs eux-mêmes n'auraient pu jouir longtemps de leur succès, et, accablés et épuisés, ils se seraient laissé arracher par de plus puissants l'autorité et la liberté.
Il y eut pourtant plusieurs personnages étrangers à la conjuration qui, dés le début, rejoignirent Catilina; parmi eux, Fulvius, fils d'un sénateur, que son père fit arrêter en route et exécuter. Au même moment, à Rome, Lentulus, suivant les instructions de Catilina, faisait, ou directement ou par intermédiaire, des avances à tous ceux qui lui semblaient, par leur caractère ou leur situation, animés de goûts révolutionnaires, et il s'adressait, non seulement à des citoyens, mais à des hommes de toutes conditions, si seulement ils étaient aptes à la guerre.
40 Il charge donc un certain Umbrénus d'entrer en relations avec les députés des Allobroges et, si possible, de les affilier à la conjuration, dans la pensée que ce peuple, accablé de dettes gouvernementales et privées, et d'autre part, naturellement belliqueux comme tous les Gaulois, se laisserait facilement amener à ce parti. Umbrénus avait fait de la banque en Gaule; il était connu des principaux citoyens de chaque ville et les connaissait. Aussi, sans perdre de temps, sitôt qu'il vit les députés sur le forum, il leur demanda quelques renseignements sur la situation de leur pays; et, comme il s'affligeait de leur triste sort, il les interrogea d'une manière pressante sur les chances qu'ils voyaient d'échapper à de telles misères. Ils répondirent en se plaignant de l'avidité des magistrats et en accusant le Sénat de ne point venir à leur aide; la mort, voilà le remède qu'ils attendaient de leurs maux. "Eh bien ! moi, leur dit Umbrénus, si seulement vous voulez être des hommes, je vous montrerai le moyen d'y échapper." A ces mots, les Allobroges, alléchés par l'espérance, supplièrent Umbrénus de les prendre en pitié: rien ne pouvait être si rude et si difficile, qu'ils ne fussent tout disposés à le faire, pour libérer par ce moyen leur pays de ses dettes.