Latin
Lines 1.135-1.139
Greek and Roman Historians, French 1.135-139
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43 A Rome, Lentulus et les autres chefs de la conjuration, ayant réuni des forces qu'ils jugeaient considérables, avaient décidé que, aussitôt Catilina arrivé avec son armée au camp de Fésules, L. Bestia, tribun de la plèbe, convoquerait l'assemblée du peuple, s'y plaindrait des menées de Cicéron, et rejetterait sur le très honorable consul tout l'odieux des graves événements; ce serait, pour tous les autres artisans de la conjuration, le signal de remplir chacun sa mission. On prétendait que la tâche avait été répartie de la manière suivante: Statilius et Gabinius, avec une troupe nombreuse, mettraient le feu en même temps dans douze endroits de la ville, bien choisis, pour que le désordre permît d'approcher plus aisément le consul et tous ceux qu'il s'agissait de surprendre; Céthégus s'attaquerait à la porte de Cicéron et l'assassinerait, chacun faisant de même pour les autres. Les fils de famille, appartenant en majorité à la noblesse, massacreraient leurs pères, puis, ensemble, dans le trouble général déterminé par le meurtre et l'incendie, ils sortiraient de Rome pour aller retrouver Catilina.
Devant ces préparatifs et ces décisions, Céthégus ne cessait de critiquer la mollesse des conjurés: toutes ces hésitations et ces délais faisaient perdre les meilleures occasions; c'étaient des actes qu'il fallait, et non des délibérations, dans ces périlleuses conjonctures; quant à lui, pour peu que quelques-uns lui prêtassent main forte, même si les autres mollissaient, il attaquerait le sénat. Il était naturellement farouche, violent, prompt à l'action; l'essentiel pour lui était d'agir vite.
44 Les Allobroges, suivant les instructions de Cicéron, sont par Gabinius conduits vers les autres affidés; à Lentulus, Géthégus, Statilius et aussi Cassius ils demandent un engagement écrit, revêtu de leur cachet, qu'ils puissent montrer à leurs concitoyens; faute de quoi, il ne serait pas facile de les lancer dans une telle affaire. Tous, sans soupçons, y consentent, sauf Cassius qui promet aux Allobroges d'aller bientôt dans leur pays, et qui sort de Rome un peu avant les députés. Lentulus leur adjoint un certain Volturcius de Crotone, pour les obliger, avant de rentrer chez eux, à renforcer, par des engagements réciproques, leur association avec Catilina. Il remet à Volturcius pour Catilina une lettre dont voici le texte: