Latin
Lines 1.17-1.19
Greek and Roman Historians, French 1.17-19
Not analysed yet
5 L. Catilina, né d'une grande famille, avait une âme forte et un corps vigoureux, mais une mauvaise nature et l'habitude du mal. Dès son adolescence, il trouva plaisir aux guerres civiles, aux massacres, aux pillages, aux désordres politiques et y prit part pendant sa jeunesse. Sa résistance physique lui permettait de supporter la faim, le froid, les veilles, à un point qu'on peut difficilement imaginer; esprit à la fois audacieux et perfide, mobile, capable de tout feindre et de tout dissimuler, avide du bien d'autrui, prodigue du sien, ardent dans ses passions, assez éloquent, peu raisonnable. Insatiable, il visait toujours l'impossible, trop loin et trop haut. Après la dictature de Sylla, il avait été pris d'une envie forcenée de mettre la main sur le pouvoir; par quels moyens y arriver ? peu lui importait, pourvu qu'il travaillât à s'élever au trône. Chaque jour, il était rendu plus intraitable par son manque d'argent et la conscience de ses crimes, deux tares qui s'aggravaient par les pratiques que je viens de rappeler. Et puis, il était encore poussé par la corruption des moeurs publiques, que ruinaient deux maux exécrables et contraires, le luxe et l'avarice.
Mon sujet même paraît m'inviter, puisque l'occasion m'amène à parler des moeurs publiques, à reprendre les choses d'un peu haut et à exposer en quelques mots les principes de nos aïeux en paix et en guerre, à dire comment ils ont gouverné l'État, dans quelle situation prospère ils l'ont laissé, et par quels changements insensibles la république, autrefois si belle et si honnête, est devenue détestable et criminelle.