Latin
Lines 1.73-1.77
Greek and Roman Historians, French 1.73-77
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23 Parmi les conjurés figurait Q. Curius, d'une famille assez distinguée, mais pourri de vices et de crimes, et que les censeurs avaient, pour indignité, chassé du sénat. C'était une nature non moins légère qu'audacieuse; il était incapable de garder pour lui ce qu'il avait appris, même de tenir cachés ses propres crimes et de peser ses paroles et ses actions. Il avait une vieille liaison avec une femme noble, Fulvie; elle lui était moins attachée, depuis que son indigence lui permettait moins de générosité: tout d'un coup, le voilà qui se vante et lui promet monts et merveilles, puis il la menace de la tuer, si elle ne se montre pas complaisante; bref, sa conduite avec elle est plus arrogante que d'ordinaire.
Fulvie se rendit compte des motifs de ce changement, et, devant le danger couru par l'État, ne voulut pas garder la chose pour elle; sans nommer celui dont elle tenait ses renseignements sur la conjuration, elle raconta de différents côtés ce qu'elle savait et comment elle l'avait appris. Cette révélation eut pour premier effet d'attirer les sympathies à la candidature de Cicéron au consulat. Jusqu'alors, la noblesse, en majorité, manifestait contre lui une vive antipathie et estimait presque que ce serait souiller le consulat, que d'y laisser arriver un homme nouveau, malgré tout son mérite. Mais, en présence du danger, mauvaise volonté et orgueil ne comptèrent plus.
24 Les comices se réunirent: Cicéron et Antoine furent élus consuls. Cette élection jeta d'abord le trouble parmi les conjurés. Pourtant les folles violences de Catilina n'en étaient pas diminuées; chaque jour, il combinait quelque chose de nouveau; il installait des dépôts d'armes en Italie, dans des endroits bien choisis; il envoyait à Fésules, à un certain Manlius, de l'argent emprunté grâce à son crédit ou à celui de ses amis; c'était ce Manlius, qui, dans la suite, devait commencer les hostilités. A ce moment, il s'adjoignit un grand nombre de gens de toutes les classes, et aussi quelques femmes qui, d'abord, avaient par la prostitution suffi à leurs énormes dépenses; puis, quand l'âge avait réduit leurs bénéfices sans modérer leur goût du luxe, elles avaient contracté de grosses dettes. Par elles, Catilina pensait pouvoir soulever les esclaves urbains, mettre le feu à la ville et gagner les maris à sa cause, ou se débarrasser d'eux en les massacrant.