Latin
Lines 1.16-1.18
Sallust's Bellum Catilinae, Conjuration de Catilina 1.16-18
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7 Dès lors, chacun estima davantage ce qu'il valait et mit en lumière ses qualités d'esprit. Car les rois tiennent pour suspects les honnêtes gens plus que les méchants, et toujours le mérite d'autrui est pour eux un sujet de crainte. Rome, sa liberté reconquise, grandit en peu de temps d'une manière incroyable, tant l'amour de la gloire avait tout gagné. Un jeune homme, dès qu'il pouvait être soldat, se façonnait à l'art militaire au camp, par le travail et la pratique, et il avait la passion des belles armes et des chevaux de guerre, plus que des femmes et de la bonne chère. Pour de tels hommes, pas de fatigues dont ils n'eussent l'habitude, pas de position qui leur par�t escarpée ou rude à atteindre, pas d'ennemi en armes à redouter :leur courage avait tout brisé devant eux.
Mais c'est entre eux surtout qu'ils rivalisaient de gloire chacun courait massacrer un ennemi, escalader un mur, se montrer accomplissant cet exploit :c'était là pour eux la richesse, la bonne renommée, la noblesse suprême ; avides d'honneur, ils dépensaient largement ; beaucoup de gloire, une aisance honorable, voilà ce qu'Us voulaient. Je pourrais rappeler tous les endroits où Rome, avec quelques hommes, mit en déroute d'énormes armées ennemies, toutes les villes naturellement fortifiées qu'elle enleva :mais cela m'entraînerait trop loin de mon sujet.
8 A coup s�r, en toute chose la fortune est maîtresse souveraine ; c'est son caprice plutôt que la justice qui, toujours, fait connaître les grands faits ou les passe sous silence. L'histoire d'Athènes a de la grandeur et de l'éclat, sensiblement moins pourtant qu'on ne le dit. Mais, comme il y eut là-bas une ample moisson de grands écrivains, les exploits des Athéniens sont réputés dans le monde entier comme inégalables. Ainsi, le courage de ceux qui agissent passe pour avoir toute la grandeur que lui ont donnée dans leurs récits les hommes de génie. Au contraire, Rome n'a pas eu cette foule d'historiens, parce que ses citoyens les plus sages étaient aussi les plus absorbés par les affaires publiques ; nul n'exerçait son esprit à l'exclusion du corps ; les meilleurs préféraient l'action à la parole et aimaient mieux être loués pour ce qu'ils avaient fait de bien que de raconter ce qu'avaient fait les autres.