# Conjuration de Catilina 1.23-25

Sallust's Bellum Catilinae, Conjuration de Catilina, Lines 1.23-1.25. Latin.

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12 Quand l'argent commença à être à l'honneur et eut procuré la gloire, l'autorité, un pouvoir sans limite, la vertu alla s'affaiblissant, la pauvreté fut honnie, le désintéressement passa pour malveillance. L'argent livra la jeunesse au luxe et à l'avidité, en même temps qu'à la volonté de dominer ; on se mit à piller, à tout dépenser, à tenir pour rien ce qu'on possédait, à convoiter le bien d'autrui, à n'avoir pour la réserve, la pudeur et toutes les choses divines et humaines indifféremment, ni considération ni ménagement.
Il est intéressant de regarder nos maisons de ville et de campagne, dont les énormes constructions ressemblent à des villes, puis de jeter les yeux sur les temples qu'ont élevés nos ancêtres, les plus religieux des hommes. Pour eux, la décoration des temples, c'était leur piété, comme leur gloire était l'ornement de leurs maisons ; et ils n'enlevaient qu'une chose aux vaincus : le pouvoir de mal faire. Aujourd'hui, au contraire, les derniers des lâches commettent le crime inexpiable d'arracher à nos alliés ce que les vainqueurs héro�ques de jadis leur avaient laissé : comme si pratiquer l'injustice était l'unique moyen de faire acte d'autorité.
13 A quoi bon rappeler ce que ne croiront jamais ceux qui ne l'ont pas vu, de simples particuliers aplanissant les montagnes et élevant sur la mer des constructions ? L'argent me semble avoir été pour eux un moyen de se divertir : ils pouvaient le posséder honorablement, ils avaient hâte d'en abuser pour des turpitudes. Et leur go�t pour la débauche, la table, tous les raffinements n'était pas moindre ; les hommes se faisaient caresser comme des femmes, les femmes étalaient leur impudeur ; pour trouver une nourriture choisie, on courait les terres et les mers ; on dormait avant d'en avoir envie, on n'attendait pas d'avoir faim ou soif, d'avoir froid ou d'être las ; par raffinement on provoquait tous ces besoins. Poussée par ces vices, la jeunesse, son patrimoine dissipé, se jetait dans le crime. L'âme, en proie au mal, ne pouvait guère se soustraire aux passions ; dés lors, on ne regardait pas aux moyens d'acquérir et de dépenser.

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