Latin
Lines 1.46-1.48
Sallust's Bellum Catilinae, Conjuration de Catilina 1.46-48
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28 Tous tremblent et hésitent ; mais un chevalier romain, C. Cornélius, s'offre avec un sénateur, L. Varguntéius ; ils décident d'aller cette nuit même, sur le matin, chez Cicéron, avec des hommes armés, comme pour le saluer, de le surprendre ainsi chez lui sans qu'il se doute de rien, et de l'assassiner. Curius, mesurant le danger couru par le consul, se hâte de faire révéler par Fulvie à Cicéron l'attentat qui se prépare. La porte est fermée aux conjurés, qui se trouvent ainsi avoir inutilement projeté un odieux forfait.
Pendant ce temps, Manlius en Etrurie cherchait à soulever la plèbe, à qui la misère et le ressentiment de l'injustice dont elle avait été victime faisaient souhaiter une révolution, la dictature de Sylla lui ayant fait perdre ses terres et tout ce qu'elle possédait. Manlius s'abouche encore avec les brigands de toute espèce qui pullulaient dans le pays, et dont certains étaient d'anciens soldats de Sylla, établis comme colons, et à qui leurs passions et leur amour du luxe n'avaient rien laissé de tout ce qu'ils avaient pillé.
29 En apprenant tous ces faits, Cicéron est profondément troublé par le double péril que courait l'état :à Rome même, il lui était impossible de continuer plus longtemps à ne prendre de mesures de défense que de son autorité privée ; d'autre part, il ne savait rien de précis sur les forces de Manlius et sur ses projets. II soumet donc officiellement l'affaire au sénat, que déjà auparavant agitaient les bruits en circulation dans le public. Et cette assemblée, comme il arrive d'ordinaire dans les situations très graves, chargea par décret les consuls de veiller à ce que la république ne subît aucun dommage.