# Conjuration de Catilina 1.56-58

Sallust's Bellum Catilinae, Conjuration de Catilina, Lines 1.56-1.58. Latin.

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� Ce que nous demandons, nous, ce n'est pas l'autorité suprême ou la richesse, qui ont causé tant de guerres, tant de luttes entre les mortels, mais la liberté, qu'un homme de coeur ne consent à perdre qu'avec la vie. Nous vous supplions, le Sénat et toi, d'avoir égard à des citoyens infortunés, de les replacer sous l'égide de la loi, que leur a ravie l'iniquité du préteur, et de ne pas nous réduire à cette extrémité de rechercher le meilleur moyen de faire payer notre mort à ceux qui l'auront causée. �
34 Q. Marcius lui répondit que, si les insurgés avaient quelque demande à adresser au Sénat, ils devaient mettre bas les armes et rentrer à Rome en suppliants, que toujours le Sénat romain avait fait preuve de mansuétude et de pitié, et que jamais personne n'avait en vain imploré son secours. Pendant ce temps, Catilina, en cours de route, avait adressé des lettres à la plupart des consulaires et aux plus grands personnages ; il déclarait que, faussement accusé et ne pouvant résister au parti de ses ennemis, il cédait à la fortune et se retirait en exil à Marseille, non qu'il se reconn�t par là coupable du forfait qu'on lui reprochait, mais il ne voulait pas troubler la tranquillité publique ni, par son obstination, provoquer une révolution. Bien différente de ton était la lettre lue au Sénat par Catulus, et que celui-ci affirmait lui avoir été remise de la part de Catilina. J'en donne ci-dessous la copie.
35 �L. Catilina à Q. Catulus. Ton admirable dévouement m'est connu par des faits, et je l'apprécie au milieu de mes dangers ; il me permet de t'adresser avec confiance mes recommandations. Aussi, n'ai-je pas dessein de me justifier devant toi du projet imprévu que j'ai formé ; je veux seulement, ne me sentant pas coupable, te fournir une explication dontj'en atteste les dieuxtu pourras reconnaître la sincérité. Poussé par les injustices et les outrages, privé du fruit de mes peines et de mon activité, ne pouvant obtenir la situation qui convient à ma dignité, j'ai, suivant mon habitude, pris ouvertement en main la cause des malheureux : non que je ne puisse, en vendant mes biens, acquitter mes dettes personnelles, puisque la libéralité d'Orestilla et de sa fille m'aurait permis de payer avec leur argent, même les dettes de mes amis ; mais je voyais combler d'honneurs des hommes qui n'en étaient pas dignes, et je sentais que, sur d'injustes soupçons, on me tenait à l'écart. C'est à ce titre que j'ai voulu réaliser mon espoir, assez honorable dans mon état présent, de sauver ce qui me restait de dignité. Je voulais t'en écrire plus long ; mais je suis informé qu'on se prépare à me faire violence. Je me borne à te recommander Orestilla et je la confie à ta loyauté ; protège-la contre les injustices, je t'en supplie au nom de tes enfants. Adieu. �

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