# Conjuration de Catilina 1.62-63

Sallust's Bellum Catilinae, Conjuration de Catilina, Lines 1.62-1.63. Latin.

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D'abord ceux qui, en tout lieu, se signalaient par leurs vices et leur audace, ceux qui, par des actes déshonorants, avaient perdu leur patrimoine, tous ceux enfin que leurs forfaits et leurs crimes avaient chassés de chez eux, tous ces gens-là avaient reflué à Rome comme dans un bourbier. En outre, beaucoup se rappelaient la victoire de Sylla ; ils voyaient d'anciens simples soldats devenus, les uns sénateurs, les autres si riches, qu'ils avaient un train de vie vraiment royal ; et chacun espérait, en prenant les armes, retirer de la victoire de semblables avantages. Les jeunes gens de la campagne, qui n'avaient, comme salaire de leur travail manuel, qu'une existence chétive, étaient attirés à Rome par les largesses des particuliers et de l'état, et préféraient les flâneries de la ville à un travail ingrat ! Ces gens-là et tous les autres vivaient des malheurs publics. Voilà pourquoi il ne faut pas être surpris que des indigents, sans moralité et le coeur plein d'espoir, se soient aussi peu préoccupés de l'état que d'eux-mêmes. De plus, ceux dont les pères avaient été proscrits par Sylla victorieux, dont on avait ravi les biens et diminué les droits d'hommes libres, attendaient, dans un état d'esprit identique, l'issue de la lutte. Enfin, tous ceux qui n'étaient pas du parti du Sénat préféraient des troubles publics à une diminution d'influence personnelle. Oui, c'était bien là le mal qui, après un intervalle de quelques années, tombait de nouveau sur l'état.
38 En effet après que, sous le consulat de Pompée et de Crassus, fut rétablie la puissance tribunitienne, des hommes jeunes, en possession de ce pouvoir considérable, ardents parce qu'ils étaient jeunes, se mirent, en attaquant le Sénat, à agiter la plèbe, puis à l'enflammer de plus en plus par leurs largesses et leurs promesses, et acquirent ainsi réputation et puissance. Contre eux luttaient de toutes leurs forces la plupart des nobles, sous prétexte de défendre les droits du Sénat, en fait pour maintenir leur propre autorité. Car, pour dire d'un mot toute la vérité, depuis ce temps-là, tous ceux qui troublèrent l'état sous d'honorables prétextes, défense des droits populaires pour les uns, accroissement de l'autorité sénatoriale pour les autres, tous feignaient de soutenir l'intérêt public et luttaient en réalité pour leur propre puissance. Et la lutte n'avait ni modération ni mesure ; et les uns et les autres usaient cruellement de la victoire.

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