Latin
Lines 1.76-1.77
Sallust's Bellum Catilinae, Conjuration de Catilina 1.76-77
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46 L'affaire terminée, tout est bien vite porté par des estafettes à la connaissance du consul. Il éprouve en même temps un gros souci et une grande joie ; il était heureux, comprenant bien que la découverte de la conjuration sauvait l'état du danger ; mais, poursuivant ses réflexions, il était bien inquiet, se demandant ce qu'il fallait faire, alors que de si grands personnages étaient compromis dans un pareil crime ; il songeait aux ennuis personnels que lui causerait leur châtiment, ou à la ruine de l'état, conséquence de leur impunité. Enfin, reprenant courage, il fait appeler Lentulus, Céthégus, Statilius, Gabinius, et aussi Céparius de Terracine qui se disposait à aller en Apulie soulever les esclaves. Sans tarder, tous arrivent, excepté Céparius, qui avait un peu plus tôt quitté son domicile et, ayant appris la dénonciation, s'était enfui de Rome. Le consul prenant lui-même par la main Lentulus, qui était préteur, le conduit à la séance du sénat et fait amener les autres par la garde au Temple de la Concorde. Il y convoque le sénat et, devant une assemblée nombreuse, fait entrer Volturcius avec les ambassadeurs ; il ordonne au préteur Flaccus d'apporter l'écrin avec la lettre qu'il avait reçue des députés.
47 Questionné sur son voyage, sur sa lettre, sur ses projets et sur ses motifs d'action, Volturcius commence par donner le change et à tout cacher sur la conjuration ; puis, invité à parler sous la garantie des promesses faites par l'état, il explique comment les choses se sont passées, et expose que, affilié depuis quelques jours au complot par Gabinius et Céparius, il n'en sait pas plus long que les députés, qu'il a seulement appris par Gabinius que I'. Autronius, Servius Sylla, L. Varguntéius et beaucoup d'autres sont des conjurés. Mêmes déclarations de la part des Gaulois. Lentulus cherchait à dissimuler :ils lui opposent non seulement sa lettre, mais ses propos habituels :les livres sibyllins avaient promis, disait-il, la royauté à Rome à trois membres de la famille Gornélia ; après Cinna et Sylla, c'était lui le troisième, dont la destinée était d'être le maître de Rome ; il ajoutait que vingt ans s'étaient écoulés depuis l'incendie du Capitole, et que maints prodiges avaient fait connaître aux aruspices que Rome serait alors ensanglantée par la guerre civile. On lut les lettres en entier, tous ayant au préalable reconnu que leurs cachets étaient intacts. Le sénat décréta que Lentulus devait se démettre de ses fonctions et être, avec tous les autres, placé sous la garde de certains citoyens. Lentulus fut remis à P. Lentulus Spinther, alors édile, Céthégus à Q. Cornificius, Statilius à C. César, Gabinius à M. Crassus, Céparius, qui un peu plus tôt avait été arrêté dans sa fuite, au sénateur Cn. Térentius.