Latin
Lines 1.167-1.171
Greek and Roman Historians, French 1.167-171
Not analysed yet
Par les dieux immortels, pourquoi à ta proposition ne pas avoir ajouté que les coupables seraient d'abord battus de verges ? Est-ce parce que la loi Porcia l'interdit ? Mais d'autres lois interdisent aussi de mettre à mort un citoyen condamné et n'autorisent que l'exil. Ou bien est-ce parce que les verges sont une peine plus dure que la mort ? Or y a-t-il une peine trop forte et trop dure pour qui est convaincu d'un si grand crime ? Si tu ne l'as pas fait parce que les verges sont un châtiment plus léger, convient-il de respecter la loi sur le point le moins important, et de la violer sur le plus grave ?
Mais, dira-t-on, qui aura l'idée de blâmer un décret pris contre les meurtriers de la république ? Qui ? les circonstances, la suite des jours, le hasard, dont les caprices gouvernent les hommes. Ils auront, les conjurés, mérité leur sort, quelle que soit la décision prise; mais vous, Pères conscrits, considérez que votre décision d'aujourd'hui vaudra pour d'autres. Toutes les mesures fâcheuses ont leur source dans des mesures qui étaient bonnes quand on les prit; mais lorsque l'autorité passe aux mains des ignorants et des gens moins honnêtes, la mesure exceptionnelle prise contre des hommes qui la méritaient, à qui elle convenait, est appliquée à d'autres qui ne sont pas coupables et à qui elle ne convient pas.
Les Lacédémoniens, vainqueurs des Athéniens, leur imposèrent les Trente Tyrans pour administrer la cité. Tout d'abord, les Trente firent mettre à mort, sans jugement, les criminels, odieux à tous; le peuple s'en réjouit et déclara que c'était justice. Puis, se laissant peu à peu aller à l'arbitraire, ils massacrèrent Indifféremment par passion bons et méchants et terrifièrent tout le monde; et ainsi Athènes, accablée sous la servitude, fut lourdement punie de sa sotte joie.