Latin
Lines 1.29-1.31
Sallust's Bellum Catilinae, Conjuration de Catilina 1.29-31
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16 Cette jeunesse, qu'il avait séduite, comme je l'ai dit, il la façonnait de cent manières aux forfaits ; il y formait des faux témoins et des faussaires ; il l'obligeait à faire fi de l'honneur, de l'argent, du danger ; puis quand il l'avait perdue de réputation et lui avait enlevé toute pudeur, il lui commandait de pires scélératesses. S'il n'avait pour le moment aucun motif de mal faire, il s'en prenait à ceux qui ne lui avaient rien fait et, les traitant en ennemis, les surprenait et les étranglait ; ainsi, pour ne pas laisser l'inaction endormir les mains et les âmes, il exerçait gratuitement sa méchanceté et sa cruauté.
C'est alors que, confiant en de pareils amis et associés, au moment où l'univers était écrasé de dettes et où les vétérans de Sylla, ayant tout dépensé, évoquaient les victoires et les pillages de jadis et appelaient de leurs voeux la guerre civile, Catilina conçut le projet de garrotter la république. En Italie, point de troupes ; Pompée faisait la guerre au bout du monde ; lui-même briguait le consulat et avait l'espoir de réussir ; le sénat n'était pas sur ses gardes ; partout régnaient la sécurité et la tranquillité ; la situation était excellente pour Catilina.
17 Donc, environ aux calendes de Juin, sous le consulat de Lucius César et de Caius Figulus, Catilina convoque d'abord ses affidés un à un, exhorte les uns, éprouve les autres ; il leur montre les ressources dont il dispose, le gouvernement sans défense, les énormes avantages que procurera la conjuration. Puis, ce travail d'information terminé, il convoque en assemblée générale tous ceux dont les besoins sont les plus pressants et l'audace sans mesure. On voit là des sénateurs, P. Lentulus Sura, P. Autronius, L. Cassius Longinus, C. Céthégus, les deux Sylla, Publius et Servius, fils de Servius, L. Varguntéius, Q. Annius, M. Porcius Leca, L. Bestia, Q. Curius; des chevaliers, M. Fulvius Nobilior, L. Statilius, P. Gabinius Capito, C. Cornelius; et aussi beaucoup de gens des colonies et des municipes, nobles dans leur pays. On y trouvait en outre quelques complices un peu moins déclarés, des patriciens que stimulait le désir d'être les premiers, plutôt que la misère ou tel autre besoin. De plus, presque toute la jeunesse, surtout chez les nobles, se montrait favorable à l'entreprise ; ils auraient pu vivre somptueusement ou doucement à ne rien faire ; ils préféraient l'incertain au certain, la guerre à la paix.