Latin
Lines 1.82-1.84
Sallust's Bellum Catilinae, Conjuration de Catilina 1.82-84
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50 Pendant que ces faits se passent au sénat, et que les députés Allobroges et Volturcius reçoivent des récompenses pour leur dénonciation reconnue fondée des affranchis et quelques clients de Lentulus cherchent, par des rues différentes, à soulever dans les carrefours les artisans et les esclaves, pour délivrer leur patron ; d'autres cherchent des chefs de bandes, habitués à semer, à prix d'argent, le désordre dans la cité. De son côté, Céthégus demandait, par des émissaires, à ses esclaves et à ses affranchis, gens de choix pour un coup d'audace, de former une colonne pour pousser en armes jusqu'à lui.
Le consul mis au courant de ces projets, s'inspire de la situation et des circonstances pour disposer ses troupes, convoque le sénat, et lui demande ce qu'il convient de faire des hommes qui ont été arrêtés. Déjà, quelques heures auparavant, le sénat, en nombre, les avait décrétés ennemis de l'état. Alors D. Junius Silanus, invité le premier à donner son avis, en qualité de consul désigné, opina pour la mort des détenus et aussi de L. Cassius, de P. Furius, de P. Umbrénus et de Q. Annius, si on pouvait mettre la main sur eux. Mais ensuite, ébranlé par le discours de César, il déclara se ranger à l'avis de Tibérius Néron, qui demandait l'ajournement, jusqu'au moment où on aurait renforcé les mesures de défense. César, quand vint son tour, interpellé par le consul, s'était exprimé ainsi :
51 �Pères conscrits, tout homme appelé à discuter sur une affaire douteuse doit se libérer de la haine et de l'amitié, de la colère et de la pitié. Il n'est pas facile de discerner la vérité, lorsque ces sentiments y font obstacle, et jamais on ne se laisse conduire en même temps et par la passion et par le souci de son intérêt. Qu'on bande sa volonté, elle reste forte ; qu'on la livre à la passion, celle-ci est maîtresse et l'esprit ne peut plus rien. Il me serait facile, Pères conscrits, de rappeler force exemples de rois et de peuples qui, se laissant aller à la colère ou à la pitié, ont pris de fâcheuses décisions ; mais je préfère vous dire comment nos ancêtres, en luttant contre la passion, sont allés droit au but et ont respecté la loi. Pendant la guerre de Macédoine, quand nous luttions contre le roi Persée, Rhodes, grande et prospère, qui devait à Rome cette prospérité, nous manqua de parole et se déclara contre nous. La guerre terminée, on discuta sur la conduite à tenir à l'égard des Rhodiens :nos ancêtres, afin de n'être pas accusés d'avoir ouvert contre eux les hostilités moins pour leurs torts que pour leurs richesses, les laissèrent impunis. De même, à l'époque des guerres puniques, si les Carthaginois, et dans les périodes de paix et dans les trêves, commirent une foule d'abominations, jamais les Romains n'en firent autant, même quand se présenta une occasion favorable ; ils s'attachaient à ce qui était digne d'eux, plutôt qu'aux droits qu'ils pouvaient avoir.